J'ai trouvé deux photos dans la sacoche d'ordinateur de mon père. Sur l'une, sa mère, assise dans la petite maison que son mari et son fils avaient construite, écoutant le chant des oiseaux. Sur l'autre, celle-ci, son père, assis dans un autre coin de la même maison, savourant le soleil, une tasse de café grec à la main. Cela m'a profondément émue que mon père, à 65 ans, parmi toutes les photos qu'il avait prises au cours de sa vie de marin ayant parcouru le monde entier, ait choisi celles-là. Une petite maison à une heure de chez lui, et les deux personnes qu'il avait un jour considérées comme les plus importantes, les plus parfaites au monde.
J'ai toujours entendu dire que mon père ressemblait de plus en plus à son propre père en vieillissant. Je ne me souvenais pas de mon grand-père, mais je le voyais sur les photos — même si, enfant, je trouvais mon père un peu plus beau que lui. J'avais encore un père quand j'ai peint ce tableau. C'est sur un carnet de papier de coton fait main, et j'expérimentais avec l'aquarelle. Je regardais mon grand-père sur la photo, mais j'avais l'impression de les peindre tous les deux. Je n'ai jamais eu de talent pour la ressemblance, surtout dans les visages, alors j'évite généralement d'ajouter des détails — le réalisme est rarement mon objectif, de toute façon. Mais cette silhouette sereine, entourée de fleurs, d'air frais, et de l'odeur du café, lui ressemble... Mais auquel des deux ? J'ai appelé ce tirage « Anthropos », le mot grec pour « humain ». Le mot vient pourtant de « ano » et « throsko » (άνω + θρώσκω), qui signifient « regarder vers le haut ».
En « regardant vers le haut », j'aime l'imaginer calme et apaisé, assis quelque part au soleil, un soleil qui ne le brûle plus, peut-être avec un chat sur les genoux, ou même ma tendre chienne, partie le retrouver six mois après son départ à lui (ou peut-être est-ce trop égoïste de le souhaiter).
Prenez tout le temps dont vous avez besoin, et retrouvons-nous à la prochaine.
Avec amour, Evi