À quelques minutes à pied des salons dorés de Versailles se trouve un petit village. Des toits de chaume, un moulin qui tourne au bord d'un étang, une laiterie, un colombier, une ferme avec des animaux. On se croirait dans un hameau normand. Il a été construit pour une reine.
Entre 1783 et 1787, l'architecte Richard Mique a créé le Hameau de la Reine pour Marie-Antoinette, près du Petit Trianon. Elle y venait avec quelques proches pour se promener, regarder les animaux, échapper au cérémonial sans fin de la vie de cour, où même s'habiller était un rituel public.
Un caprice, et un besoin
Il est facile de s'en moquer. Les chaumières étaient rustiques à l'extérieur et élégantes à l'intérieur, et les vrais paysans ne vivaient pas du tout ainsi. Le Hameau est devenu le symbole d'une reine coupée de son peuple, et cette critique est juste.
Mais sous le caprice se cachait un besoin très humain, que beaucoup d'entre nous reconnaissent : un endroit où personne ne vous regarde, où vous n'avez aucun rôle à jouer, où la vie redevient simple le temps d'un après-midi.
Votre propre hameau
Nul besoin d'un budget royal. Un hameau, c'est n'importe quel petit lieu ou rituel qui vous permet de quitter le rôle que vous jouez :
- Un coin de votre maison qui n'appartient qu'à vous. Un fauteuil près de la fenêtre, une étagère d'objets aimés, une porte que l'on peut fermer.
- Une promenade que vous faites seule. Le même chemin, souvent, où votre esprit peut vagabonder.
- Un après-midi sans public. Pas de photos, pas de publications, personne à impressionner.
- Une tâche simple et manuelle. Jardiner, faire un gâteau, raccommoder. Marie-Antoinette allait voir traire les vaches ; vous pouvez rempoter une plante.
- Un petit cercle. Quelques amis avec qui vous pouvez être entièrement vous-même.
S'échapper sans fuir
Le but n'est pas de quitter votre vie, mais d'y faire de la place. Maison Eviève est née de cette idée : collectionner les moments de calme pour ne pas avoir besoin de fuir la vie que vous avez construite.
Un hameau dans votre boîte aux lettres
Si vous rêvez d'un petit refuge où revenir à tout moment, La Première Lettre est une courte méditation sensorielle sur le fait de recevoir une lettre, gratuite, à lire ou à écouter, accompagnée d'un extrait de mon magazine, « (meditating) On Art ». Quelques minutes dans votre chaumière, sans avoir besoin d'un palais.
N'oubliez pas de prendre tout le temps qu'il vous faut, et retrouvez-moi à la prochaine.
Avec tendresse,

