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Le métier à tisser de Pénélope : le mythe grec de l'attente, pour toutes celles qui écrivent des lettres

Le métier à tisser de Pénélope : le mythe grec de l'attente, pour toutes celles qui écrivent des lettres

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Ithaque, il y a trois mille ans, au temps des mythes. Une reine est assise à son métier à tisser. Son époux, Ulysse, est parti pour la guerre de Troie il y a des années et n'est pas revenu. Les prétendants envahissent le palais, mangent sa nourriture, boivent son vin, et exigent qu'elle choisisse l'un d'eux pour nouvel époux.

Pénélope accepte, à une condition : elle choisira quand elle aura fini de tisser un linceul pour son beau-père, Laerte. Le jour, elle tisse. La nuit, en secret, elle défait ce qu'elle a tissé. Pendant trois ans, le linceul n'est jamais terminé, jusqu'à ce qu'une servante la trahisse.

Pinturicchio, Pénélope et les prétendants, vers 1509. National Gallery, Londres
Pinturicchio, Pénélope et les prétendants, vers 1509. National Gallery, Londres

La plus longue attente de la littérature

Dans l'Odyssée d'Homère, Ulysse est absent vingt ans en tout : dix à la guerre, dix à tenter de rentrer. Pénélope attend tout ce temps, sans nouvelles, sans jamais savoir s'il est en vie. Elle est devenue, dans la culture occidentale, le grand symbole de l'attente fidèle et patiente.

Mais elle n'est pas passive. Elle est habile, stratège, discrètement résistante. Tisser et défaire est sa façon de garder la maîtrise du temps.

John William Waterhouse, Pénélope et les prétendants, 1912. Aberdeen Art Gallery, Aberdeen
John William Waterhouse, Pénélope et les prétendants, 1912. Aberdeen Art Gallery, Aberdeen

Ce que Pénélope nous apprend sur l'attente

Une maison qui attend

Quiconque a attendu quelqu'un parti en mer, à la guerre ou à l'étranger connaît un peu Pénélope. J'ai grandi avec un père marin, absent pendant de longues périodes, et une mère qui élevait trois enfants presque seule. Les lettres étaient notre métier à tisser : un fil à travers la distance.

Johannes Vermeer, Femme écrivant une lettre, vers 1665. National Gallery of Art, Washington
Johannes Vermeer, Femme écrivant une lettre, vers 1665. National Gallery of Art, Washington

Votre propre métier à tisser

Qu'attendez-vous en ce moment ? Une réponse, un changement, une personne, une saison ? Au lieu de compter les jours, donnez à l'attente un rituel : une page écrite chaque semaine, une promenade, un point de broderie, une lettre. Que l'attente devienne quelque chose que vous fabriquez, et pas seulement quelque chose que vous subissez.

Des lettres sur un banc du Palais-Royal. Photo © Evi Michailidou
Des lettres sur un banc du Palais-Royal. Photo © Evi Michailidou

Des lettres pour l'attente

L'abonnement « (letters) On Art » vous envoie chaque mois une lettre et une carte postale, avec une méditation et une histoire autour de l'art, ainsi qu'un numéro saisonnier de « (meditating) On Art ». Un fil à travers la distance, qui arrive jusqu'à votre porte.

Poster une lettre à Paris. Photo © Evi Michailidou
Poster une lettre à Paris. Photo © Evi Michailidou

N'oubliez pas de prendre tout le temps qu'il vous faut, et retrouvez-moi à la prochaine.

Avec tendresse, Evi

Avant de partir : Un rituel à feuilleter, le numéro de bienvenue de « (meditating) On Art », avec une méditation sur la réception d'une lettre, à lire ou à écouter.

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