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La lumière d'hiver est courte. Cinq tableaux qui en ont plus que votre fenêtre

La lumière d'hiver est courte. Cinq tableaux qui en ont plus que votre fenêtre

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Début décembre, le soleil se couche sur Paris avant cinq heures de l'après-midi. On entre en réunion en plein jour et on en ressort à la lumière des lampes. En janvier, on donnerait presque n'importe quoi pour une longue heure dorée.

Les peintres en ont mis de côté pour nous.

1. Johannes Vermeer, La Laitière

La lumière entre par une fenêtre à gauche et se pose sur tout ce qu'elle touche : la croûte du pain, le tablier bleu, le mince filet de lait. Même le mur nu rayonne. Vermeer fait d'un matin ordinaire le moment le plus important de la journée.

Johannes Vermeer, La Laitière, vers 1658. Rijksmuseum, Amsterdam

2. Vilhelm Hammershøi, Intérieur, Strandgade, soleil sur le plancher

Une pièce vide, des murs gris, des portes blanches, et sur le plancher deux rectangles pâles de soleil. Hammershøi a peint encore et encore son propre appartement de Copenhague. Ici, la lumière est la seule visiteuse.

Vilhelm Hammershøi, Intérieur, Strandgade, soleil sur le plancher, 1901. Statens Museum for Kunst, Copenhague

3. Camille Corot, Souvenir de Mortefontaine

Un matin argenté au bord d'un lac, un arbre penché sur l'eau, une femme et des enfants qui tendent les bras vers ses branches. Corot l'a peint de mémoire, et c'est pourquoi il ressemble à une émotion plus qu'à un lieu : un souvenir, au sens propre.

Camille Corot, Souvenir de Mortefontaine, 1864. Musée du Louvre, Paris

4. Berthe Morisot, Jour d'été

Deux femmes en barque sur un lac du bois de Boulogne, peintes à petites touches rapides et légères. L'eau scintille, la lumière semble bouger. Morisot peignait la clarté comme une chose vivante.

Berthe Morisot, Jour d'été, vers 1879. The National Gallery, Londres (legs Lane)

5. Frederic Leighton, Flaming June

Une femme endormie dans une robe d'un orange flamboyant, la mer qui scintille derrière elle. Une chaleur pure et saturée, la couleur d'un après-midi méditerranéen que l'on sentirait presque sur la peau.

Frederic Leighton, Flaming June, 1895. Museo de Arte de Ponce, Porto Rico

Un rituel pour l'après-midi le plus sombre

Vers seize heures, quand la lumière commence à baisser, éteignez le plafonnier et allumez une lampe. Ouvrez l'un de ces tableaux. Trouvez d'où vient la lumière, puis suivez-la sur la toile, de sa source jusqu'à la dernière chose qu'elle touche. Respirez lentement pendant ce temps.

Pour les soirées, voici pourquoi nous avons tant envie de bougies en hiver, et pour les heures de jour qui restent, un rituel de promenade pour les jours les plus courts.

Des mois plus lumineux

« (letters) On Art » vous apporte chaque numéro de « (meditating) On Art », avec une lettre et une carte postale chaque mois entre deux numéros. Un peu de lumière, livrée régulièrement.

N'oubliez pas de prendre tout le temps qu'il vous faut, et retrouvez-moi à la prochaine.

Avec tendresse, Evi

Avant de partir : Un rituel à feuilleter, le numéro de bienvenue de « (meditating) On Art », avec une méditation sur la réception d'une lettre, à lire ou à écouter.

Merci, regardez votre boîte de réception dans quelques instants.

Une lettre de Paris chaque mois