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En attendant Godot, et pourquoi attendre le facteur pourrait vous faire du bien

En attendant Godot, et pourquoi attendre le facteur pourrait vous faire du bien

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On traite l'attente comme du temps perdu. On évite la file, on suit son colis à la trace, on actualise la page. Quelques secondes de chargement, et l'on se sent déjà volé.

Pourtant, l'une des pièces les plus célèbres du XXe siècle ne parle que de ça : attendre.

La pièce où il ne se passe rien, deux fois

Samuel Beckett a écrit En attendant Godot en français, et la pièce a été créée à Paris en 1953, dans un minuscule théâtre du boulevard Raspail. Deux hommes, Vladimir et Estragon, attendent près d'un arbre dénudé un certain Godot. Ils parlent, se chamaillent, oublient pourquoi ils sont venus, décident de partir et ne bougent pas. Godot ne vient jamais. Un critique l'a résumée en une formule restée célèbre : une pièce où il ne se passe rien, deux fois.

Cela fait plus de soixante-dix ans que l'on regarde ces deux hommes attendre. Peut-être parce que l'on s'y reconnaît : toujours à attendre que la vraie vie commence, comme si l'entre-deux ne comptait pas.

Et si c'était justement dans l'entre-deux que se cachait le meilleur ?

Ce que fait l'anticipation

Des chercheurs se sont penchés sur la question. Une étude néerlandaise menée auprès de vacanciers a montré que leur bonheur augmentait surtout avant le voyage, pendant qu'ils s'en réjouissaient d'avance, plutôt qu'à leur retour. Et des psychologues de l'université Cornell ont observé qu'attendre une expérience, un concert ou un dîner, ressemble à une impatience joyeuse, alors qu'attendre un objet acheté ressemble plutôt à de l'agacement.

Ce n'est donc pas l'attente en soi qui pose problème. C'est ce que l'on attend, et la façon dont on attend.

Une maison qui attendait

J'ai grandi avec un père marin, parti en mer, et une mère qui élevait trois enfants presque seule. J'écrivais des lettres à mon père. Une lettre, c'était une façon d'être près de quelqu'un que l'on ne pouvait rejoindre autrement.

Les lettres apprennent une autre manière d'attendre. Pas l'actualisation anxieuse d'un message qui tarde, mais un espoir lent et patient. On sait qu'elle viendra. On ne sait simplement pas quand.

Bien attendre, cette semaine

Essayez ceci : offrez-vous une petite chose à attendre, et laissez-lui le temps d'arriver.

Puis, pendant que vous attendez, observez ce que vous ressentez. De l'impatience, ou quelque chose de plus doux ? Nommez-le. C'est ça, la méditation.

Quelque chose qui vaut la peine d'attendre

L'abonnement « (letters) On Art » a été pensé pour celles et ceux à qui l'attente manque. Chaque mois, une lettre et une carte postale arrivent dans votre boîte aux lettres, sur papier, avec une méditation et une histoire autour de l'art. Chaque saison, un nouveau numéro de « (meditating) On Art » les rejoint. Aucune notification ne vous préviendra. Un matin, la lettre sera simplement là.

Contrairement à Vladimir et Estragon, vous n'attendrez pas pour rien.

N'oubliez pas de prendre tout le temps qu'il vous faut, et retrouvez-moi à la prochaine.

Avec tendresse,Evi

Par la poste Recevoir une lettre qui vaut l'attente (letters) On Art Voir l'abonnement