Dès que les soirées s'assombrissent, beaucoup d'entre nous allument des bougies. C'est presque un instinct. Une seule flamme change une pièce : les murs s'adoucissent, les visages s'illuminent, les voix baissent.
Les peintres ont compris cet attrait bien avant nous. Pendant des siècles, certains ont fait de la lueur des bougies et du feu le véritable sujet de leur œuvre.
Les peintres de la nuit
- Georges de La Tour (1593-1652). Le grand maître français de la lumière des bougies. Dans des œuvres comme La Madeleine à la veilleuse (Louvre) ou Le Nouveau-né (musée des Beaux-Arts de Rennes), une seule flamme éclaire un visage ou une main, et tout le reste plonge dans l'obscurité.
- Gerrit van Honthorst (1592-1656). Un peintre hollandais qui a travaillé à Rome et est devenu si célèbre pour ses scènes nocturnes que les Italiens l'ont surnommé Gherardo delle Notti, Gérard des Nuits.
- Godfried Schalcken (1643-1706). Un autre peintre hollandais, connu pour ses petites scènes intimes à la bougie : une jeune fille tenant une chandelle, un visage qui rayonne dans le noir.
- Joseph Wright of Derby (1734-1797). Dans Une expérience sur un oiseau dans une pompe à air (1768, National Gallery, Londres), une famille se rassemble autour d'une expérience scientifique, éclairée par une seule bougie. Chaque visage exprime une émotion différente : curiosité, peur, chagrin, émerveillement.
Pourquoi la lueur des bougies nous émeut
Avant l'électricité, chaque soirée était éclairée par des flammes. La lumière était précieuse, petite et chaude. Elle rassemblait les gens en un seul cercle, parce que le reste de la pièce était plongé dans le noir. C'est peut-être pour cela que la lueur des bougies semble encore si intime : elle réduit le monde à l'essentiel, les personnes et les choses proches de nous.
Il y a aussi la qualité de la lumière elle-même. Une flamme est chaude, douce sur les bords et jamais tout à fait immobile. Elle offre aux yeux quelque chose de tendre où se reposer, ce que ne fait pas un plafonnier éclatant.
Une soirée aux bougies, inspirée des peintres
Éteignez les plafonniers. Allumez quelques bougies au même endroit, en toute sécurité. Asseyez-vous dans leur cercle. Regardez comment la lumière tombe sur vos mains, une tasse, un visage de l'autre côté de la table. Pendant quelques minutes, vous êtes dans un tableau de La Tour.
Une lettre pour la lueur des bougies
La Première Lettre est une courte méditation sensorielle sur le fait de recevoir une lettre, pensée pour être lue à la lueur d'une bougie un soir d'hiver. Elle est gratuite, accompagnée d'un extrait de mon magazine, « (meditating) On Art ». Une petite flamme d'attention, pendant les mois sombres.
N'oubliez pas de prendre tout le temps qu'il vous faut, et retrouvez-moi à la prochaine.
Avec tendresse, Evi