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4 tableaux à la lueur des bougies pour les jours où l'on a besoin de se sentir en sécurité

4 tableaux à la lueur des bougies pour les jours où l'on a besoin de se sentir en sécurité

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Mon plus jeune fils a un tube qui contient une quarantaine de petites voitures, qu'il renverse sur le sol plusieurs fois par jour. Mon mari se moque de moi chaque fois que je les range, pour qu'elles soient aussitôt renversées de nouveau. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'enfant, je rangeais la maison pendant que ma mère épuisée dormait, une femme de marin qui élevait trois enfants presque seule, pour qu'elle se réveille dans le calme. Les choses à leur place me semblent encore synonymes de sécurité. Et parfois, quand ces petites voitures dégringolent sur le sol, une part de moi a encore peur que cela la réveille.

Nous avons tous notre version de la sécurité : un coin bien rangé, une lumière basse, une porte fermée, un bruit familier. Certains tableaux portent aussi ce sentiment. Ils sont sombres, enveloppants et doux, comme quand on nous bordait. Ces quatre-là méritent qu'on y revienne les jours difficiles.

Georges de La Tour, Le Nouveau-né (vers 1645-1648, musée des Beaux-Arts de Rennes)

Un bébé emmailloté dort sur les genoux de sa mère. À côté d'eux, une seconde femme protège une bougie de sa main, pour que la lumière tombe doucement sur l'enfant sans le réveiller. Tout le reste est obscurité. Peu d'images montrent la protection avec autant de tendresse : la flamme, la main, le cercle de chaleur.

Rembrandt, Philosophe en méditation (1632, musée du Louvre, Paris)

Une petite pièce dorée. Un vieil homme est assis près d'une fenêtre, dans une flaque de lumière, les mains jointes. Un escalier en colimaçon monte dans l'ombre, et de l'autre côté, une femme s'occupe du feu. L'obscurité n'y est pas effrayante. Elle protège, comme l'intérieur d'un coquillage.

Au bout d'un passage de briques, une femme se tient avec une petite fille dans une cour ensoleillée. Une autre femme attend à l'ombre du couloir. Des briques bien récurées, une porte de bois, un après-midi tranquille. C'est un tableau sur la sécurité du foyer : ordinaire, ordonné et calme.

Johannes Vermeer, La Ruelle (vers 1658, Rijksmuseum, Amsterdam)

La façade d'une vieille maison de Delft, deux portes étroites, une femme penchée sur sa couture sur le seuil, des enfants qui jouent sur le pavé. Il ne se passe rien de remarquable. C'est là son réconfort : une rue où tout est à sa place, et où la journée continue.

Une pratique pour les jours fragiles

Choisissez un tableau, tamisez la lumière et regardez-le quelques minutes. Trouvez le point le plus lumineux, la bougie, la fenêtre, la porte, et laissez-y reposer vos yeux. Respirez lentement. Laissez les ombres autour devenir un abri plutôt qu'une menace.

Un endroit doux où se poser

Si vous avez besoin d'un moment doux rien qu'à vous, La Première Lettre est une courte méditation sensorielle sur le fait de recevoir une lettre, gratuite, à lire ou à écouter, accompagnée d'un extrait de mon magazine, « (meditating) On Art ». Quelque chose de doux à tenir, un jour difficile.

N'oubliez pas de prendre tout le temps qu'il vous faut, et retrouvez-moi à la prochaine.

Avec tendresse, Evi

Avant de partir : Un rituel à feuilleter, le numéro de bienvenue de « (meditating) On Art », avec une méditation sur la réception d'une lettre, à lire ou à écouter.

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