Parfois, quelque chose nous manque sans que l'on sache le nommer. Un été terminé, une version de soi-même, une maison dont on se souvient à moitié. Ce n'est pas tout à fait de la tristesse. C'est plus doux que cela, et cela persiste.
Les peintres ont toujours connu ce sentiment. Ces quatre tableaux le portent magnifiquement, et passer du temps avec eux peut transformer un pincement en quelque chose de tendre.
Antoine Watteau, Pèlerinage à l'île de Cythère (1717, musée du Louvre, Paris)
Des couples élégants sont réunis sur l'île de Vénus, déesse de l'amour. Certains se lèvent, d'autres marchent déjà vers la barque dorée qui les emportera. Une femme se retourne pour regarder en arrière. La fête commence-t-elle ou s'achève-t-elle ? Les historiens de l'art en débattent encore, mais le sentiment est clair : les plus beaux moments sont déjà en train de devenir des souvenirs.
Caspar David Friedrich, Femme à la fenêtre (1822, Alte Nationalgalerie, Berlin)
Une femme, Caroline, l'épouse du peintre, se tient de dos à la fenêtre de son atelier. Par l'ouverture, on aperçoit les mâts de bateaux sur l'Elbe et un ciel pâle. La pièce est nue et sombre ; le monde extérieur est lumineux et hors de portée. C'est une image de la nostalgie à l'état pur : regarder dehors, vers ailleurs.
Berthe Morisot, Jour d'été (vers 1879, National Gallery, Londres)
Deux jeunes femmes sont assises dans une petite barque sur le lac du bois de Boulogne, des canards dérivant à côté. Morisot peint à touches rapides et légères, comme si l'après-midi pouvait disparaître à tout instant. Et il disparaîtra. C'est ce qui le rend si tendre : c'est l'été, vu déjà avec une touche de septembre.
Andrew Wyeth, Christina's World (1948, Museum of Modern Art, New York)
Une femme en robe rose pâle est étendue dans un vaste champ d'herbe sèche, tournée vers une ferme sur la colline. Wyeth a peint sa voisine, Christina Olson, qui ne pouvait pas marcher. La maison semble à la fois proche et infiniment lointaine. Peu de tableaux saisissent aussi bien la distance entre l'endroit où nous sommes et celui où se trouve notre cœur.
Une pratique pour les jours de nostalgie
Choisissez le tableau le plus proche de votre émotion. Regardez-le quelques minutes, puis demandez-vous doucement : qu'est-ce qui me manque, exactement ? Notez ce qui vient. Parfois, le nommer suffit à l'apaiser.
Une œuvre venue d'un autre temps
Si vous aimez l'art qui porte une douce nostalgie d'une autre époque, mon tirage Blue Toile n.1 est un fragment d'un motif de toile de Jouy, ce tissu français du XVIIIe siècle, réinventé en bleu. Chaque tirage est retouché à la main, signé, et accompagné d'une lettre de méditation. Une petite fenêtre sur le passé, pour vos propres murs.
N'oubliez pas de prendre tout le temps qu'il vous faut, et retrouvez-moi à la prochaine.
Avec tendresse, Evi


