Il y a quelque chose de nostalgique et de délicieusement suranné dans un motif toile de Jouy. Comme entrer dans la maison de sa grand-mère, avec toutes ces odeurs, ces souvenirs, ces cartes postales et vieilles photos décolorées par le soleil.
C'est ce sentiment qui m'a donné envie d'en créer une pour Maison Eviève — une version modernisée qui ressemblerait à une toile de Jouy, au moins de loin. Au début, rien ne fonctionnait. J'ai raturé les premières esquisses, puis les secondes, en me persuadant qu'il fallait simplement m'entraîner davantage, mieux dessiner. Et puis, d'un coup, tout s'est éclairci. J'essayais de forcer du sens dans un croquis simplement joli. Je cachais des symboles, j'empilais des couches de profondeur là où elles n'avaient pas leur place. Au moment où j'ai laissé partir l'idée même de sens, elle était là. Ma propre toile de Jouy. Pas pour raconter un mythe, pas pour prouver quoi que ce soit — seulement pour rassembler des fragments, des choses qui semblaient décoratives, qui semblaient « tout simplement jolies ».
Le monde demande sans cesse à la beauté de se justifier. De révéler un message, de prouver qu'elle n'est pas superficielle, de servir un but. Mais si, parfois, la beauté était le but ? Si la beauté était, en quelque sorte, un chemin de retour vers soi-même, plutôt qu'un essai à écrire ? Parfois, en cessant de creuser plus profond dans la beauté, on parvient à s'y relier, et à se relier à soi-même. Pratiquez avec l'audio ci-dessous, il vous en rapprochera d'un pas.
Si vous aimez lire lentement, vous aimerez le numéro de bienvenue de « (meditating) On Art » : gratuit, à lire à l'écran, avec une méditation sur la réception d'une lettre.
Prenez tout le temps dont vous avez besoin, et retrouvons-nous à la prochaine.
Avec amour, Evi




